Scénarimage

Ma motivation glisse en ce moment dans un creux de vague. On vient de passer la mi-session et je me retrouve épuisé, inquiet des échéances qui s’empilent et déçu par l’inconsistance du soutien offert par les professeurs. Je suis insatisfait de ce que je dessine alors que le rythme de production s’accélère. Et travailler dans une salle commune bruyante et sans fenêtre me pèse de plus en plus.

J’ai senti le besoin de rééquilibrer mon quotidien. J’ai largué les médias sociaux. En quête de quelque chose de plus nourrissant, je suis retourné au cinéma. (J’ai vu les excellents Jeune Juliette, Kuessipan et Matthias et Maxime.) Et j’ai laissé la lecture se refaire une place dans mes moments de liberté.

Voici quelques images de la version la plus récente de l’animatique présentée la semaine dernière devant un panel de professeurs et d’étudiants. Si je me fie aux commentaires, les émotions du personnage principal ont encore besoin d’être clarifiées. Le contraste devrait être plus fort entre la peur et la curiosité, entre l’émerveillement et la confiance. Le prof qui a démoli chacune des versions a demandé : « Pourquoi il est toujours triste ? »

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Premier test

Tout premier test de décor, réalisé sur Harmony pour mon film de finissant. Le rythme s’accélère, je passe mes journées vissé devant mon ordinateur. Bientôt, je ne pourrai plus hésiter, il me faudra sortir les images au rythme imposé par la production, que j’en sois satisfait ou non. Pour le moment, j’ai encore une petite marge de manœuvre pour retoucher celle-ci. Je trouve difficile de travailler sans couleur (pour l’instant). Heureusement, la caméra multiplan ajoute un peu de profondeur…

En grève pour le climat

Pour les prochains jours, ce blogue sera fermé pour cause de crise climatique. Cette nature qui a enchanté mon enfance est en train de s’effondrer. Les espèces-emblèmes de mon territoire : béluga, caribou, saumon, carcajou,  s’approche chaque jour un peu plus de l’extinction. Si on ne se réveille pas, nous seront les prochains.

Fauve

Nous en sommes à l’étape de la préproduction : finaliser le design des personnages et des décors, tester l’animatique devant différents publics et… retourner encore à la table à dessin. Je dois réaliser de front toutes les étapes que se partagent habituellement plusieurs équipes. Par moment, j’ai un peu le vertige et je me concentre sur l’étape devant moi pour ne pas voir la montagne de travail qu’il me reste à faire.


La panthère schématisée (les pattes raccourcies lui donnent la silhouette d’un gros chat) pour le recueil de modèles (personnages, décors, accessoires, couleurs) que je suis en train de monter.

Boy & the World, la rébellion de l’imagination

C’est mon professeur de lay-out qui m’en a parlé le premier. Il croit que j’erre quelque part entre le réalisme et la stylisation (qu’il appelle l’allégorie). Pour lui le film Boy & the World (O Menino e o Mundo) est l’exemple parfait d’une stylisation à la fois extrême et parfaitement réussie. Le soir même, je regardais une entrevue d’Ed Hooks, homme de théâtre et auteur d’Acting for animation. Il citait lui aussi Boy & the World comme un exemple, mais cette fois-ci du jeu d’acteur des personnages. Il fallait que je voie ce film.

Visuellement, le film est un enchantement. Le réalisateur brésilien Alé Abreu a choisi d’utiliser au maximum les textures de la peinture, du papier, des crayons à colorier. Le personnage principal est un enfant de sept ans, simplifié à l’extrême, mais extraordinairement expressif. Le scénario qui se développe en spirale est parfaitement cohérent avec le visuel et le propos. C’est un film brillant, émouvant et une prouesse technique.

image du film Boy & the World

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Rentrée 2019

Demain, la rentrée, déjà. J’ai toujours aimé ce temps de l’année. Cette rentrée revêt un caractère particulier, c’est le début de ma dernière année de dessin animé et, à l’âge où je suis rendu, probablement mon dernier retour à l’école. Il fait un temps magnifique à Montréal et les nuits sont fraîches.

dessin libre

Dessin inspiré par celui de Juliette Dupéré, lors du Blitz du cours de personnage. La panthère et l’enfant flottaient parmi les étoiles, j’ajouterai peut-être le ciel étoilé à la couleur.

Temps forts

J’ai travaillé ces dernières semaines sur un beat board, un tableau des temps forts qui rythment mon histoire, une ébauche des différentes ambiances que je voudrais créer pour mon court métrage. On y retrouve la chambre de Ian (plan 01), la forêt où il se retrouve en poursuivant la panthère (plan 06) et la scène finale au lever du jour (plan 10).

Ian dort.

Ian marche dans la forêt.

Ian retrouve la panthère.

Bien que je voie une nette amélioration dans la qualité de mes illustrations, je reste insatisfait de celles-ci : l’ensemble manque d’unité au niveau du style et des couleurs. Je trouve que la première et la troisième pourraient être plus originales. Je compte sur les profs pour m’aiguiller vers du mieux. [MAJ : La première fait définitivement trop film d’horreur, je veux du mystère pas de la terreur… Et dans la troisième, on dirait que la panthère a un pompon au bout de la queue.]

Mes idées ont mûri au cours de l’été. Je suis (un peu) moins anxieux à l’idée d’affronter la préproduction qui commence lundi prochain. Mon projet de film retourne donc dans le secret jusqu’à la première, en mai 2020. D’ici là, vos commentaires sont les bienvenus ! (Cliquez sur le titre de l’article, si vous lisez ceci sur la page d’accueil.)

Semaine intensive de modèles vivants

Du 5 au 9 août, j’ai participé à une semaine intensive d’atelier de modèles vivants. Du lundi au vendredi, du matin au soir, dix modèles s’y sont succédé. J’y ai redécouvert le plaisir de dessiner. (Ç’a été un soulagement !) Faire partie de ce rassemblement d’artistes était électrisant. Même si la fatigue se manifestait, souvent, j’aurai voulu que cette semaine se poursuive indéfiniment. Voici quelques-uns des meilleurs dessins.


C’est toujours très éclairant de s’intéresser à la diversité des corps. L’organisation de la semaine Lire la suite