L’impératrice Itchin Li

Que serait-il arrivé si les Européens n’avaient jamais «découvert» l’Amérique et qu’ils auraient refusé la révolution industrielle ? Comment se serait passé la première rencontre, si les civilisations de l’Amérique centrale auraient poursuivi leur développement technologique au sein d’un empire unifié ? C’est ce que notre équipe devait imaginer dans le cours de Créativité pour l’animation, chaque membre de l’équipe devant illustrer une scène de l’histoire…

L'impératrice Itchin Li

Dans la civilisation que nous avons imaginée, le maïs est sacré, il représente la vie. Alors que le chocolat est perçu comme un vice. La contrebande du chocolat a permis à plusieurs commerçants de s’enrichir et leur pouvoir rivalise maintenant avec celui de la noblesse. L’impératrice reçoit l’ambassadeur européen sans savoir que celui-ci prépare un coup d’état avec la complicité du magnat du maïs et mafioso du chocolat (il porte une cravate verte sur le balcon gauche). Leur machination sera déjouée par la guide-interprète engagée par l’ambassadeur (elle porte un chapeau de plume, derrière lui). Il sera condamné à l’exil sur une île du Pacifique. (Plume, aquarelle, couleurs numériques)

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Unatishiu

Mon désir de faire de la bande dessiné m’a amené à m’inscrire à un cours en dessin animé. Débordé par les travaux, j’ai dû mettre mes projets BD sur la glace. J’y retourne par la bande. Dans ce cas-ci, pour le travail de session d’un cours de représentation visuelle des cultures. Mon sujet : illustrer une enfant innue, au début du XVIIe siècle, alors que les premiers colons français s’installaient à Québec. (Unatishiu signifie « elle est espiègle » en innu aimun.)

Quelques croquis préparatoires :

recherche01
crâne d'ours

Et le dessin final:

Unatishiu

Selon l’anthropologue Frank G. Speck, le motif de la double courbe que j’ai utilisé pour border l’image serait une illustration de la parfaite symétrie des mondes matériel et spirituel pour les autochtones de la famille algonquiennes (Innus, Attikamekw, Algonquins, Cris, etc.).

Plusieurs des objets illustrés ici font partie des expositions virtuelles du Musée McCord : Paroles vivantes : diplomates autochtones au 18e siècle, « Mon corps est ici, mais mon esprit est toujours là-bas » La langue innue de la forêt — Communauté d’Ekuanitshit et de l’Institut culturel cri.

D’autres sont présentés dans les livres suivants :

  • PROJET NIKA NISHK. 2017. Ashineun. Montréal : Projet Nika Nishk, 163 pages. (Un livre magnifique !)
  • LABERGE, Marc. 1998. Affiquets, matachias et vermillon, ethnographie illustrée des Algonquiens du nord-est de l’Amérique au XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Montréal : Recherches amérindiennes au Québec, collection « Signes des Amériques », 224 pages. (La meilleure référence visuelle sur le sujet.)
  • LÉVESQUE, Carole. 1976. La culture matérielle des Indiens du Québec : une étude de raquettes, mocassins et toboggans. Ottawa : Musées nationaux du Canada (National museum of man), 147 pages.
  • ROBITAILLE, Marie-Paule. 2014. Voyage au cœur des collections des premiers peuples. Québec, Les éditions du Septentrion. 271 pages.

J’ai essayé, tant bien que mal, de faire des textures à l’aquarelle comme le fait si bien le talentueux François Lapierre (le premier album des Chroniques sauvages m’a aussi servi d’inspiration).

Chasseur-cueilleur

Personnage imaginé pour le cours d’initiation à l’animation (je devrai le faire sauter, en version crayonnée, en fin de session). Encrage au stylo-pinceau Pentel, couleurs dans Photoshop.

La dernière pose était imposée, inspirée d’un dessin du chat de Tom & Jerry.
MAJ : On m’a fait remarquer qu’il a un sérieux problème d’orteils… J’ai une espèce de dyslexie quand je dessine les pieds, faut croire.

 

L’histoire d’un tournesol

Originaire des Amériques où il était cultivé par plusieurs nations autochtones, le tournesol est devenu l’une des plus importantes plantes oléagineuses du monde. Son nom botanique, Helianthus annuus, évoque son affinité pour le soleil (Helios : soleil, anthos : fleur) et la durée de son cycle de vie : une année.

La graine de tournesol en dormance est contenue dans un petit fruit sec et dur, l’akène, dont les parois internes sont lisses et nacrées. Pendant la dormance, toute activité métabolique est suspendue.
tournesol jour 0
La graine d’un gris verdâtre est charnue et lustrée. Elle est constituée de deux cotylédons, les feuilles primordiales. Ces cotylédons contiennent les réserves qui serviront à l’embryon lors de la germination. On devine déjà la pointe de la radicule.
tournesol jour 0 (2)
Dès que l’humidité pénètre à l’intérieur de l’akène par capillarité, le processus de germination se déclenche. Un interstice s’élargit au sommet de l’akène et l’extrémité de la radicule apparaît, dès le deuxième jour. Elle s’étire, suivie de l’hypocotyle, puis se couvre de poils fins qui capturent les gouttelettes d’eau.
Tournesol jour 2
L’akène se fend de plus en plus et laisse apparaître des cotylédons d’abord très pâles, qui verdissent rapidement. La radicule fuit la lumière et obéit à la gravité. Elle entre donc dans la terre. Le déploiement des racines dans le sol sera guidé par la présence d’humidité. À l’inverse des racines, la nouvelle tige se dirige vers la lumière.
Tournesol jour 7

Après une semaine, les jeunes pousses peuvent être consommées. Plus nutritives et plus digestes que les graines, les pousses de tournesol seraient une bonne source de vitamines (E, complexe B) et de minéraux (fer, manganèse, cuivre, zinc).

Mais pour voir le spectacle de la fleur, il faudra patienter encore un peu. À suivre…

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Kapakᵘ

À l’arrivée des Français à Uepishtikueiau (là où le fleuve se rétrécit, site de Québéc), au début du 17e siècle, plus de 300 langues autochtones sont parlées à travers l’Amérique du Nord. Plusieurs de ces langues sont aujourd’hui disparues. La langue innue nous est parvenue. Elle appartient à la famille des langues algonquiennes qui comprend une trentaine de langues (dont l’attikamekw, le micmac et le cri).

L'arrivée des Français

Premier dessin d’un projet de fanzine sur l’innu aimun, la langue innue. J’ai zigonné vraiment longtemps sur les reflets sous la chaloupe, mais je n’en suis pas encore satisfait…

Trip de couleur

J’aime beaucoup l’étape des couleurs. Et j’ai découvert, en expérimentant, que je pouvais scanner de vieux albums, ne garder que le noir et les recolorer. Des heures de plaisir…

Les six cases sont tirées de l’album Le nid des marsupilamis, par le génialissime Franquin (Dupuis, 1979). Couleurs originales :

Couleurs finales :
marsupilamicolorweb

J’ai basé ma palette sur un tandem d’orange et de vert. La texture du fond provient d’un lavis d’aquarelle (placé dans un calque en mode luminosité).

palette-marsupilamiweb

marsupilamiuneweb

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4. Tshekuan etutamin

J’apprends la langue innue. Les outils pour les apprenants francophones sont plutôt rares. J’ai donc eu l’idée de créer ces bandes dessinées. Si vous parlez l’innu aimun, n’hésitez pas à me corriger !

tshekuan-etutaminweb
Librement inspiré de G.H. Michel, P. Grégoire Jourdain, Apprenons le montagnais, 1980

Vocabulaire

  • Tshekuan : quoi, qu’est-ce que
  • Aitutamu : il fait quelque chose
  • Nutaui : mon père
  • Tshutaui : ton père
  • Atusseu : il travaille
  • Atusseun : un emploi, un outil
  • Atusseutshuap : un atelier
  • Ashtunu : il fabrique un canot
  • Ashtunan : l’endroit où on fabrique un canot
  • Nimushum : mon grand-père
  • Thimushum : ton grand-père
  • Pituau : il fume
  • Pishum : soleil
  • Pishumut : au soleil
  • Tshekuan etutamin ? : qu’est-ce que tu fais ?
  • Ninatuten : j’écoute
  • Kanatutakanit : la radio
  • Eukuan : ah bon, je vois !

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