MMXX

Ce blogue entre aujourd’hui en hibernation. Il sera silencieux jusqu’au retour du printemps. Au cours des prochains mois, je consacrerai toutes mes énergies à la production de mon premier film d’animation, Solstice, ainsi qu’à la préparation de mon portfolio. La première du film aura lieu le 20 mai 2020, à la Maison Théâtre, à Montréal. Je retourne au travail ! À bientôt.

II

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La souplesse de la panthère

Pour animer, il faut exagérer. Mais je réalise que tout est une question de mesure. J’ai dessiné les premiers mouvements de ma panthère comme si elle était parfaitement souple. Ça ne fonctionnait pas. Le résultat évoquait davantage un serpent qu’une panthère, je dois ajouter quelques raideurs à la base de la queue, dans le bassin et les épaules. Pour trouver le bon dosage, rien de mieux que les références ! (Je me suis même filmé à quatre pattes, mais je ne vais pas publier ça…)

panthere nageant sous l'eauLa souplesse est contrebalancée par la force et la solidité. Lire la suite

L’esprit du lieu

J’aime fignoler. L’idée d’accélérer le processus à l’étape de la production ne me dit rien qui vaille. Pour le moment, j’ai mis de côté l’animation (zéro papier) et je me concentre sur les décors…

Première maquette réalisée pour le cours de préproduction. Un des profs de lay-out m’a convaincu qu’un lit d’enfant devait être fait de bois tourné (voir l’ensemble des lits d’enfants des films de Walt Disney).

Dessin construit en vectoriel, dans Harmony. Oublié le bois tourné, je me suis basé sur les meubles d’enfants créés par Marcel Gascoin pendant la période de la reconstruction d’après-guerre. Mais le résultat est trop droit, ça manque de vie.

Motif de la tapisserie qui ornera le haut des murs de la chambre, chêne rouge (Quercus rubra).

Dernière version. J’ai gauchi les meubles et ajouté textures et lumières dans Photoshop. J’ai utilisé des textures que j’ai faites à l’aquarelle. C’est la partie que je préfère (et j’y passe trop de temps). J’ai tenté d’utiliser la méthode efficace d’un illustrateur de grands talents, Marcin Jakubowski. Ce décor sera utilisé dans les scènes 03 et 05.

 

La marche de Maja

Et c’est reparti ! D’ici le 26 janvier, je dois avoir terminé la couleur des décors et l’animation brouillon des douze plans de mon démo. Je ne sais pas si je vais y arriver, je ferai de mon mieux. Pour commencer en douceur, j’ai revu un tutoriel d’Aaron Blaise sur la marche des quadrupèdes. Et j’ai dessiné un cycle de marche pour le personnage de Maja, la panthère, dont voici le premier jet :

Ma motivation est encore chancelante. Je suis encore sonné de la dernière session. J’ai décidé que j’allais donner priorité à ma santé : je reprends la course à pied. Et réserver un espace dans mon quotidien pour la lecture. Je m’en suis remis à la synchronicité à la Grande bibliothèque, en explorant le rayon des livres sur la motivation. Il y a dans cette section beaucoup de grands n’importe quoi, des approches bidons, recyclées par des pseudo coachs de vie. J’ai eu la chance de tomber sur un ouvrage de Piero Ferrucci, psychologue ayant popularisé l’approche de la psychosynthèse : Your inner will.

Sans complaisance, Piero Ferrucci explore les fondements de la volonté. Il illustre son propos par des histoires tirées de la mythologie ou du folklore. Un livre costaud, complexe et passionnant. Je lis bien en anglais, mais la richesse du vocabulaire m’a demandé quelques efforts. L’une des recommandations du Dr Ferrucci est de tenir un journal. Prendre une distance avec les événements et nos réactions permet de développer une vision plus claire de nos souhaits les plus sincères. C’est ce que je ferai ici.

Sur Facebook, j’ai vu passer la suggestion de Jennifer : Draw stronger, de Kriota Willberg. Guide très exhaustif sur la prévention des blessures chez les dessinateurs. Je connais plusieurs dessinateurs qui ne peuvent plus créer sans souffrir. Le sujet est donc important, et Kriota Willberg est une experte sur la question, mais l’ouvrage gagnerait à être synthétisé. Les gags sont sympathiques, mais répétitifs.

Regard sur soi

J’émerge lentement de la grippe, d’une journée à l’autre. Désœuvré, l’esprit embrumé, j’erre sur la Toile sans trop savoir ce que je cherche.

Je consulte régulièrement la page où seront affichés les résultats scolaires. Cette obsession n’a aucun sens. Les profs en animation ont pour philosophie de ne pas noter très haut. Et puis, je me suis toujours débrouillé pour mériter de bonnes notes, peu importe la matière. J’aime apprendre et je ne lésine pas sur le travail. Pourquoi me préoccuper des notes et rafraîchir la page des dizaines de fois ? Je pense que je cherche une confirmation, la confirmation que je suis à ma place. Une bonne note indiquerait que j’aurais fait le bon choix en étudiant en dessin animé. Je me doute bien que c’est ridicule, mais je ne peux m’en empêcher. Lire la suite

Biomécanique du fauve

anatomie du félin
Veterinary Anatomical Illustration, University of Wisconsin

L’heure est venue de trouver des références qui serviront à solidifier l’animation. Pour les êtres humains, c’est simple, il suffit de trouver des volontaires et de les filmer. Pour les animaux, c’est plus complexe. La banque vidéo de la BBC sur Getty Images est bien utile. Mais je cherchais depuis longtemps des images d’un félin vu du dessus. Et puis Émilie m’a envoyé cette vidéo :

Crédit : Paween Sarachan et Arthurnal

Pour débuter avec le cycle de marche d’un félin, ce cours d’Aaron Blaise vaut assurément le prix d’achat : How to Animate a Four Legged Walk Cycle ! D’autres références dans la section Apprendre de ce blogue.

Première maquette

Très bientôt, la préproduction sera derrière moi. Au cours des derniers mois, le rythme de travail s’est accéléré. Les dates de remises se succédaient. J’ai essayé d’en profiter pour expérimenter avec l’univers visuel du film. J’ai exploré les limites de mes capacités. J’espérais que le poids de la fatigue libère ma créativité. Que le travail remplace l’attente de l’inspiration.

Voici l’une de mes expérimentations, une maquette remise pour le cours d’effets spéciaux. Les lucioles ont été bricolées par une ancienne étudiante, je n’ai modifié que la zone où elle se manifeste. La brume glisse sur le côté avec une turbulence. J’ai travaillé le bord de l’ombre avec un dégradé rougeâtre. Ça sort bien sur la peau. Sur les cheveux, le résultat est moins heureux. Si le temps le permet, j’aimerais ajouter un frisson dans les arbres. J’ajouterai des textures, probablement avec After Effect.

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Klaus : Incandescent

Lorsqu’au début des années 2000, les studios Disney délaissent le dessin animé pour se tourner vers l’animation 3D, plusieurs annoncent la mort de l’animation traditionnelle. Après les succès de Pixar (Toy Story et Cie), le 3D s’accapare le territoire du cinéma d’animation américain. Le dessin animé est relégué à la télévision et aux productions médiocres. Encore aujourd’hui, quand je parle de mes études en dessin animé, on me regarde avec perplexité : « Tu fais de la 3D, non ? »

tiré de la bande annonce de Klaus

C’est donc en nageant à contre-courant que Sergio Pablos, animateur de renom, s’est lancé dans la réalisation d’un long métrage entièrement dessiné par des humains. Sergio Pablos ne cherchait pas à revenir à l’âge d’or de l’animation, mais à pousser le dessin animé au-delà des limites de l’animation 3D. Pour illustrer ce qu’il avait en tête et vendre le projet, il a réalisé la bande-annonce que voici en 2015. Depuis, tout le milieu de l’animation attendait avec fébrilité la sortie du film. C’est finalement grâce à Netflix que le projet s’est concrétisé, juste à temps pour les Fêtes 2019… Et les attentes n’ont pas été déçues.

Prouesse technique et chef d’œuvre de direction artistique, Klaus est un film européen taillé pour les marchés américains. Original, maîtrisé et visuellement magnifique. Faites-vous plaisir, allez voir Klaus!