Fauve

Nous en sommes à l’étape de la préproduction : finaliser le design des personnages et des décors, tester l’animatique devant différents publics et… retourner encore à la table à dessin. Je dois réaliser de front toutes les étapes que se partagent habituellement plusieurs équipes. Par moment, j’ai un peu le vertige et je me concentre sur l’étape devant moi pour ne pas voir la montagne de travail qu’il me reste à faire.


La panthère schématisée (les pattes raccourcies lui donnent la silhouette d’un gros chat) pour le recueil de modèles (personnages, décors, accessoires, couleurs) que je suis en train de monter.

Boy & the World, la rébellion de l’imagination

C’est mon professeur de lay-out qui m’en a parlé le premier. Il croit que j’erre quelque part entre le réalisme et la stylisation (qu’il appelle l’allégorie). Pour lui le film Boy & the World (O Menino e o Mundo) est l’exemple parfait d’une stylisation à la fois extrême et parfaitement réussie. Le soir même, je regardais une entrevue d’Ed Hooks, homme de théâtre et auteur d’Acting for animation. Il citait lui aussi Boy & the World comme un exemple, mais cette fois-ci du jeu d’acteur des personnages. Il fallait que je voie ce film.

Visuellement, le film est un enchantement. Le réalisateur brésilien Alé Abreu a choisi d’utiliser au maximum les textures de la peinture, du papier, des crayons à colorier. Le personnage principal est un enfant de sept ans, simplifié à l’extrême, mais extraordinairement expressif. Le scénario qui se développe en spirale est parfaitement cohérent avec le visuel et le propos. C’est un film brillant, émouvant et une prouesse technique.

image du film Boy & the World

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Rentrée 2019

Demain, la rentrée, déjà. J’ai toujours aimé ce temps de l’année. Cette rentrée revêt un caractère particulier, c’est le début de ma dernière année de dessin animé et, à l’âge où je suis rendu, probablement mon dernier retour à l’école. Il fait un temps magnifique à Montréal et les nuits sont fraîches.

dessin libre

Dessin inspiré par celui de Juliette Dupéré, lors du Blitz du cours de personnage. La panthère et l’enfant flottaient parmi les étoiles, j’ajouterai peut-être le ciel étoilé à la couleur.

Temps forts

J’ai travaillé ces dernières semaines sur un beat board, un tableau des temps forts qui rythment mon histoire, une ébauche des différentes ambiances que je voudrais créer pour mon court métrage. On y retrouve la chambre de Ian (plan 01), la forêt où il se retrouve en poursuivant la panthère (plan 06) et la scène finale au lever du jour (plan 10).

Ian dort.

Ian marche dans la forêt.

Ian retrouve la panthère.

Bien que je voie une nette amélioration dans la qualité de mes illustrations, je reste insatisfait de celles-ci : l’ensemble manque d’unité au niveau du style et des couleurs. Je trouve que la première et la troisième pourraient être plus originales. Je compte sur les profs pour m’aiguiller vers du mieux. [MAJ : La première fait définitivement trop film d’horreur, je veux du mystère pas de la terreur… Et dans la troisième, on dirait que la panthère a un pompon au bout de la queue.]

Mes idées ont mûri au cours de l’été. Je suis (un peu) moins anxieux à l’idée d’affronter la préproduction qui commence lundi prochain. Mon projet de film retourne donc dans le secret jusqu’à la première, en mai 2020. D’ici là, vos commentaires sont les bienvenus ! (Cliquez sur le titre de l’article, si vous lisez ceci sur la page d’accueil.)

Semaine intensive de modèles vivants

Du 5 au 9 août, j’ai participé à une semaine intensive d’atelier de modèles vivants. Du lundi au vendredi, du matin au soir, dix modèles s’y sont succédé. J’y ai redécouvert le plaisir de dessiner. (Ç’a été un soulagement !) Faire partie de ce rassemblement d’artistes était électrisant. Même si la fatigue se manifestait, souvent, j’aurai voulu que cette semaine se poursuive indéfiniment. Voici quelques-uns des meilleurs dessins.


C’est toujours très éclairant de s’intéresser à la diversité des corps. L’organisation de la semaine Lire la suite

Les archétypes rôdent

J’ai retrouvé tant d’histoires qui ressemblent à ma prémisse. Je la croyais unique, née en gribouillant autour de devoirs des cours d’animation ou de personnage. C’est probablement qu’elle touche à quelque chose d’universel, l’archétype de l’enfant qui rencontre les forces de la nature sous les traits d’un fauve. C’est d’ailleurs l’un des arcanes majeurs du tarot: La force.

La force, par Robert Place La force, par Alfons MuchaLa force, par Leo Tang
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Une faim de panthère

Il y a une douceur infinie dans cet album de Pénélope Jossen, publié par L’école des loisirs. Une faim de panthère aborde avec humour et candeur les peurs nocturnes des tout-petits. Chaque soir, au moment de dormir, Amande appréhende les cauchemars. Mais ce soir-là, c’est une panthère noire qui bondit dans sa chambre. Amande lui tiendra tête et découvrira quel est son secret. À partir de 3 ans.

Couverture : Une faim de panthère
Il s’agit d’une autre trouvaille de ma recherche pour le court-métrage. Décidément, les histoires de panthères et d’enfants sont légion. J’ai particulièrement aimé dans cet ouvrage l’équilibre qui bascule de la peur au courage. Et cette obscurité illustrée par des gris doux et chauds, peints à l’aquarelle.

Une faim de panthère, Pénélope Jossen, L’école des loisirs, 2010