Fauve

Nous en sommes à l’étape de la préproduction : finaliser le design des personnages et des décors, tester l’animatique devant différents publics et… retourner encore à la table à dessin. Je dois réaliser de front toutes les étapes que se partagent habituellement plusieurs équipes. Par moment, j’ai un peu le vertige et je me concentre sur l’étape devant moi pour ne pas voir la montagne de travail qu’il me reste à faire.


La panthère schématisée (les pattes raccourcies lui donnent la silhouette d’un gros chat) pour le recueil de modèles (personnages, décors, accessoires, couleurs) que je suis en train de monter.

Boy & the World, la rébellion de l’imagination

C’est mon professeur de lay-out qui m’en a parlé le premier. Il croit que j’erre quelque part entre le réalisme et la stylisation (qu’il appelle l’allégorie). Pour lui le film Boy & the World (O Menino e o Mundo) est l’exemple parfait d’une stylisation à la fois extrême et parfaitement réussie. Le soir même, je regardais une entrevue d’Ed Hooks, homme de théâtre et auteur d’Acting for animation. Il citait lui aussi Boy & the World comme un exemple, mais cette fois-ci du jeu d’acteur des personnages. Il fallait que je voie ce film.

Visuellement, le film est un enchantement. Le réalisateur brésilien Alé Abreu a choisi d’utiliser au maximum les textures de la peinture, du papier, des crayons à colorier. Le personnage principal est un enfant de sept ans, simplifié à l’extrême, mais extraordinairement expressif. Le scénario qui se développe en spirale est parfaitement cohérent avec le visuel et le propos. C’est un film brillant, émouvant et une prouesse technique.

image du film Boy & the World

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Temps forts

J’ai travaillé ces dernières semaines sur un beat board, un tableau des temps forts qui rythment mon histoire, une ébauche des différentes ambiances que je voudrais créer pour mon court métrage. On y retrouve la chambre de Ian (plan 01), la forêt où il se retrouve en poursuivant la panthère (plan 06) et la scène finale au lever du jour (plan 10).

Ian dort.

Ian marche dans la forêt.

Ian retrouve la panthère.

Bien que je voie une nette amélioration dans la qualité de mes illustrations, je reste insatisfait de celles-ci : l’ensemble manque d’unité au niveau du style et des couleurs. Je trouve que la première et la troisième pourraient être plus originales. Je compte sur les profs pour m’aiguiller vers du mieux. [MAJ : La première fait définitivement trop film d’horreur, je veux du mystère pas de la terreur… Et dans la troisième, on dirait que la panthère a un pompon au bout de la queue.]

Mes idées ont mûri au cours de l’été. Je suis (un peu) moins anxieux à l’idée d’affronter la préproduction qui commence lundi prochain. Mon projet de film retourne donc dans le secret jusqu’à la première, en mai 2020. D’ici là, vos commentaires sont les bienvenus ! (Cliquez sur le titre de l’article, si vous lisez ceci sur la page d’accueil.)

Les archétypes rôdent

J’ai retrouvé tant d’histoires qui ressemblent à ma prémisse. Je la croyais unique, née en gribouillant autour de devoirs des cours d’animation ou de personnage. C’est probablement qu’elle touche à quelque chose d’universel, l’archétype de l’enfant qui rencontre les forces de la nature sous les traits d’un fauve. C’est d’ailleurs l’un des arcanes majeurs du tarot: La force.

La force, par Robert Place La force, par Alfons MuchaLa force, par Leo Tang
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Edward Julius Detmold & Charles Maurice Detmold

Les frères Detmold, Edward Julius et Charles Maurice, furent des illustrateurs prolifiques de l’ère victorienne. Très tôt dans l’enfance, ils se passionnent pour les sciences naturelles et sont fascinés par la représentation des plantes et des animaux dans l’estampe japonaise. Les jumeaux Detmold ont fait leur première exposition à Londres, à l’âge de 13 ans, à la Royal Academy of Arts et au Royal Institute of Painters in Water Colour. En 1903, à l’âge de 20 ans, ils réalisent 16 aquarelles pour illustrer Le livre de la jungle de Rudyard Kipling, publié par les éditions MacMillan. Ce fut pour eux la consécration.Illustration des frères DetmoldJ’admire comment les frères Detmold marient la rigueur scientifique aux influences de l’Art nouveau. Lire la suite

Modelage II, la panthère

J’ai pris une pause du dessin et je suis retombé en enfance le temps de créer une panthère en pâte à modeler. L’exercice me permet de mieux saisir les volumes. En cherchant des photos de références, j’ai appris plein de choses sur les panthères (Panthera pardus) et ce qui les différencie des autres félins : têtes plus rondes, mâchoires puissantes, pattes avant et cou musclés pour transporter les proies dans les arbres, pieds larges pour marcher en silence aussi bien au sol que dans les branches, griffes rétractiles qui donnent aux doigts de pied une forme carrée.

La panthère chasse à l’affût en bondissant sur ses proies, ses pattes plus courtes ne lui permettent pas de courir aussi efficacement qu’un lion, mais elle peut faire des bonds de 4 à 6 mètres. Lire la suite

Modelage

Je travaille sur la troisième (ou quatrième) version de mon personnage principal. Avoir un modèle en 3D est toujours utile pour créer les rotations et pour tester les éclairages. Mes outils de modelage servent enfin. Il me reste à trouver la façon de schématiser le tout pour simplifier le dessin au maximum… Pour le court métrage, je devrais le dessiner au moins 360 fois.

Photo du modelage
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La plus simple expression du voyage du héros

Je suis en train de lire Le guide du scénariste de Christopher Vogler et j’essaie d’en appliquer les principes pour simplifier mon scénario et en améliorer l’impact. Vogler synthétise la théorie du monomythe de Joseph Campbell et explique ses applications en scénarisation.

Dans un billet de blogue, Hero’s Journey Short Form, Christopher Vogler répondait à un étudiant qui lui demandait comment adapter sa structure à un court-métrage. Je me suis demandé : qu’en est-il d’un film de 30 secondes ? Les étapes conservées par Christopher Vogler pour un court métrage sont encore trop nombreuses pour être toutes incluses dans un film aussi court.

À partir de sa structure, j’ai fait une analyse (absolument pas scientifique) d’une quinzaine de courts métrages de 30 secondes, réalisés par des étudiants du CÉGEP du Vieux Montréal et de l’École des Gobelins. Lire la suite