Edward Julius Detmold & Charles Maurice Detmold

Les frères Detmold, Edward Julius et Charles Maurice, furent des illustrateurs prolifiques de l’ère victorienne. Très tôt dans l’enfance, ils se passionnent pour les sciences naturelles et sont fascinés par la représentation des plantes et des animaux dans l’estampe japonaise. Les jumeaux Detmold ont fait leur première exposition à Londres, à l’âge de 13 ans, à la Royal Academy of Arts et au Royal Institute of Painters in Water Colour. En 1903, à l’âge de 20 ans, ils réalisent 16 aquarelles pour illustrer Le livre de la jungle de Rudyard Kipling, publié par les éditions MacMillan. Ce fut pour eux la consécration.Illustration des frères DetmoldJ’admire comment les frères Detmold marient la rigueur scientifique aux influences de l’Art nouveau. Lire la suite

Les tigres d’Ahn Soo-Gil

En cherchant la panthère, j’ai découvert Le lion de Jacob, mais également les tigres d’Ahn Soo-Gil (안수길), un dessinateur de manhwa sud-coréen au talent remarquable. Ahn Soo-Gil a consacré l’essentiel de sa carrière à représenter cet animal emblématique de la culture coréenne. Avec détermination, il a étudié les spécimens des zoos et consulté les spécialistes de l’espèce. Ces illustrations, stupéfiantes, allient une finesse dans le détail à une force dans la représentation du mouvement. Ces tigres sont vivants !

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Le lion de Jacob

J’ai eu un coup de foudre pour Jim’s Lion de Russell Hoban et Alexis Deacon, traduit en français par Monsieur Ed, sous le titre Le lion de Jacob. C’est l’histoire d’un petit garçon qui doit affronter des peurs trop grandes pour l’enfance et qui découvre en lui le courage sous la forme d’un lion gigantesque. Un thème qui se rapproche davantage du scénario que je tente de développer pour mon court-métrage.

Lion
Illustration d’Alexis Deacon

Les mots de Russell Hoban, tout en délicatesse, vont à l’essentiel pour raconter le quotidien de l’enfant. Ils s’effacent presque complètement lorsque celui-ci entre dans le monde des rêves. Les illustrations foisonnantes et redoutables d’efficacité d’Alexis Deacon prennent alors la relève. Juste et puissant, le résultat évoque l’imaginaire et la folie des bandes dessinées de Winsor McCay. Lire la suite

Ma panthère noire

Cet été, je dois finaliser mon scénario. J’ai fait de la recherche pour voir si des histoires similaires existaient. Ma première inspiration est venue du souvenir d’un livre que j’aimais beaucoup enfant, La grande nuit d’été (1957), de Lida Durdivoka, illustré par Romain Simon. Un garçon est entraîné par son chat dans la forêt lors d’une nuit magique où les animaux parlent et font la fête. Je rêvais de vivre une telle expérience.
La grande nuit d'été
Le livre est désormais difficile à trouver. J’en ai déniché un exemplaire à la Collection nationale.

À la Grande Bibliothèque, j’ai trouvé un livre pour enfant avec une prémisse vraiment très proche de la mienne. Ma panthère noire, d’Anne Sibran, illustré par Caroline Gamon. Par la fenêtre de sa chambre, une enfant aperçoit le regard d’une panthère au fond du jardin. Lire la suite

Cinq autres très courts métrages

Réalisés il y a quelques années par des étudiants de l’École des Gobelins à Paris, voici cinq autres (très) courts métrages. Les premiers ont une longueur similaire à celle qui nous est imposé. Ces films sont le fruit d’un travail d’équipe alors que nous sommes seuls pour tout faire. J’aime particulièrement leur poésie, leur originalité et le soin apporté à leur esthétique.

Le premier a une histoire similaire à la mienne. Je m’en suis servi pour démontrer que ce type d’histoire pouvait être racontée en 30 secondes (sans le générique).

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Cinq courts métrages

La session s’achève. Jusqu’ici, c’était la plus exigeante. Je suis sur les genoux. Dans un courriel, un prof nous encourage à réfléchir à la direction artistique de notre projet de film pendant l’été. Pas de vacances pour la classe étudiante ! Pour m’encourager et pour m’inspirer, je revois les films réalisés par d’anciens étudiants. Tous ces films ont été fait avec des contraintes de temps et de moyens similaires à celles avec lesquelles je devrai composer.

Icare et le géant, un film de Simon Leclerc, 2011. Pour l’esthétique de l’ensemble et le rythme. Certains plans (le 09 par exemple) sont particulièrement réussis.

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L’histoire d’une case

scénarimage
1ère esquisse : scénarimage

Cette histoire me trottait dans la tête depuis un moment déjà. Le scénarimage (story-board) s’est donc fait très rapidement, les éléments mis en place ont été peu modifiés par la suite. J’ai réalisé cette étape sur des feuilles 8½ x 11″ pliée en deux, un format proche de celui de la publication papier. Cela m’a permis de voir clairement l’effet des planches qui se feraient face et d’utiliser les pauses lorsque le lecteur tourne la page pour créer une certaine tension.

La scène se déroule la nuit dans les rues de la capitale, j’ai choisi un édifice qui pourrait représenter n’importe quelle ville coloniale des Caraïbes. Il s’agit de l’Edificio de Arte Internacional du Museo Nacional de Bellas Artes, à la Havane. (Lors d’un voyage à Cuba, j’ai cherché un taxi la nuit dans ce secteur.)

Étude du bâtiment
Étude du bâtiment
Universal Arts museum in old havana© Cuba Absolutely, 2014
Photo : lahabana.com © Cuba Absolutely

 

 

 

 

 

 

 

 

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Je crois que j’ai trop travaillé le crayonné. L’encrage n’a rien ajouté, le dessin a peut-être même perdu un peu de souplesse. Mais bon, c’était la première page et j’avais peur de faire des erreurs. J’ai fait l’encrage avec des plumes techniques (Steadler pigment liner, pas idéales parce que jetables, mais c’est un outil avec lequel j’étais confortable).

 

Crayonné et encrage
Crayonné et encrage

Pour faire la couleur, j’ai suivi plusieurs conseils donnés par Jessica Abel et Matt Madden dans leur bouquin Mastering Comics. J’ai d’abord réduit la résolution de 1200 à 600 DPI. Comme les fichiers noir et blanc étaient en mode bitmap, il a été facile d’isoler les traits sur un calque, après être passé en mode CMJN, et de placer la couleur dans des calques en dessous.

Dans Photoshop, j’ai utilisé principalement l’outil crayon, sans lissage. De cette façon, les zones de couleurs (sans bordures floues) pouvaient être modifiées simplement et rapidement. J’ai géré les couleurs sur trois calques différents (personnages, figurants et décor). Au départ, j’ai tenté de coller le plus possible à une palette de couleur prédéfinie.

Pour être efficace, j’ai commencé par les zones les plus grandes. (Image 1) J’ai ensuite bloqué les pixels transparents pour faire les zones plus petites. Une fois les aplats de couleur à peu près satisfaisants, j’ai commencé à les modifier avec l’outil teinte-saturation-luminosité (ctrl-U).

Image 2 : J’ai ajouté quelques dégradés sur un calque à part, de façon à toujours pouvoir modifier facilement les aplats de couleurs. J’ai ajouté des ombres (un calque en mode produit à environ 60 % d’opacité) et des effets de lumière (calque en mode superposition), principalement sur les bâtiments.

Image 3 : J’ai ajouté un filtre photo pour réchauffer la scène. Un orange rosé. Je cherchais à évoquer une nuit chaude et poussiéreuse dans une ville tropicale. Le filtre photo a l’avantage de donner plus d’unité aux couleurs que j’avais légèrement désaturées. J’ai « backé » le noir avec un gris bleuté (pour rendre le noir plus profond si jamais ce fichier est un jour imprimé sur papier.)

Étape de la couleur
Étapes de la couleur

Après des jours et des jours de taponnage, je n’étais toujours pas satisfait du résultat. Il a fallu à un certain point que je lâche prise pour passer aux pages suivantes. Disons que je suis satisfait du résultat à, mettons, 80 %. (À ce point, il ne restait à peu près rien de la palette de départ.) J’ai trouvé vraiment intéressant de jouer avec les nuances de peau pour représenter les métissages culturels et la sensualité des Cubains. Et j’ai réalisé que j’étais complètement pourri avec tout ce qui est vêtements.

Voilà. Les prochaines planches couleur seront publiées ici mardi prochain le 2 février. La version N&B a été publiée dans la revue Vestibulles. Voir la case finale dans son contexte (p.1).