Ma panthère noire

Cet été, je dois finaliser mon scénario. J’ai fait de la recherche pour voir si des histoires similaires existaient. Ma première inspiration est venue du souvenir d’un livre que j’aimais beaucoup enfant, La grande nuit d’été (1957), de Lida Durdivoka, illustré par Romain Simon. Un garçon est entraîné par son chat dans la forêt lors d’une nuit magique où les animaux parlent et font la fête. Je rêvais de vivre une telle expérience.
La grande nuit d'été
Le livre est désormais difficile à trouver. J’en ai déniché un exemplaire à la Collection nationale.

À la Grande Bibliothèque, j’ai trouvé un livre pour enfant avec une prémisse vraiment très proche de la mienne. Ma panthère noire, d’Anne Sibran, illustré par Caroline Gamon. Par la fenêtre de sa chambre, une enfant aperçoit le regard d’une panthère au fond du jardin. Lire la suite

La plus simple expression du voyage du héros

Je suis en train de lire Le guide du scénariste de Christopher Vogler et j’essaie d’en appliquer les principes pour simplifier mon scénario et en améliorer l’impact. Vogler synthétise la théorie du monomythe de Joseph Campbell et explique ses applications en scénarisation.

Dans un billet de blogue, Hero’s Journey Short Form, Christopher Vogler répondait à un étudiant qui lui demandait comment adapter sa structure à un court-métrage. Je me suis demandé : qu’en est-il d’un film de 30 secondes ? Les étapes conservées par Christopher Vogler pour un court métrage sont encore trop nombreuses pour être toutes incluses dans un film aussi court.

À partir de sa structure, j’ai fait une analyse (absolument pas scientifique) d’une quinzaine de courts métrages de 30 secondes, réalisés par des étudiants du CÉGEP du Vieux Montréal et de l’École des Gobelins. Lire la suite

Clair-obscur

La semaine de lecture m’a permis d’explorer la pensée de l’un des pionniers de l’animation américaine, Maurice Noble. L’ouvrage The Noble Approach, Maurice Noble and the Zen of Animation Design décrit sa méthode de travail, de l’idéation jusqu’au dessin final.

Après les premiers essais de composition (thumbnails) et bien avant le choix des couleurs finales, Maurice Noble accordait une grande importance aux valeurs. La valeur est l’intensité lumineuse d’une couleur, du clair à l’obscur. Selon lui, si une composition fonctionne en nuances de gris, elle fonctionnera aussi bien avec à peu près n’importe quelle couleur. Il testait d’ailleurs ses premières ébauches en utilisant un filtre rouge ou bleu qui masquait les teintes et les saturations.

Dans son approche de la couleur, Maurice Noble a été influencé par le travail de plusieurs artistes du clair-obscur : Rockwell Kent, Paul Landacre, Lynd Ward et Gustave Doré, dont voici quelques gravures:

Gustave Doré, L’enfer de Dante, Wikimedia

Le contraste guide l’œil et l’amène à concentrer son attention, là où l’artiste le souhaite. Il crée des effets dramatiques ou resserre l’espace autour d’un personnage afin de créer une zone d’intimité. Particulièrement en animation, l’utilisation des valeurs doit améliorer la lisibilité des personnages et de l’action, même lorsque l’environnement est complexe.

Gustave Doré, Troubadours chantant la gloire des croisades, Wikimedia

Mes derniers essais de couleur manquaient, selon moi, de force et d’unité. Je travaillerai davantage les valeurs. À suivre… J’ajoute l’ouvrage sur Maurice Noble dans ma liste des essentiels.