L’esprit du lieu

J’aime fignoler. L’idée d’accélérer le processus à l’étape de la production ne me dit rien qui vaille. Pour le moment, j’ai mis de côté l’animation (zéro papier) et je me concentre sur les décors…

Première maquette réalisée pour le cours de préproduction. Un des profs de lay-out m’a convaincu qu’un lit d’enfant devait être fait de bois tourné (voir l’ensemble des lits d’enfants des films de Walt Disney).

Dessin construit en vectoriel, dans Harmony. Oublié le bois tourné, je me suis basé sur les meubles d’enfants créés par Marcel Gascoin pendant la période de la reconstruction d’après-guerre. Mais le résultat est trop droit, ça manque de vie.

Motif de la tapisserie qui ornera le haut des murs de la chambre, chêne rouge (Quercus rubra).

Dernière version. J’ai gauchi les meubles et ajouté textures et lumières dans Photoshop. J’ai utilisé des textures que j’ai faites à l’aquarelle. C’est la partie que je préfère (et j’y passe trop de temps). J’ai tenté d’utiliser la méthode efficace d’un illustrateur de grands talents, Marcin Jakubowski. Ce décor sera utilisé dans les scènes 03 et 05.

 

Première maquette

Très bientôt, la préproduction sera derrière moi. Au cours des derniers mois, le rythme de travail s’est accéléré. Les dates de remises se succédaient. J’ai essayé d’en profiter pour expérimenter avec l’univers visuel du film. J’ai exploré les limites de mes capacités. J’espérais que le poids de la fatigue libère ma créativité. Que le travail remplace l’attente de l’inspiration.

Voici l’une de mes expérimentations, une maquette remise pour le cours d’effets spéciaux. Les lucioles ont été bricolées par une ancienne étudiante, je n’ai modifié que la zone où elle se manifeste. La brume glisse sur le côté avec une turbulence. J’ai travaillé le bord de l’ombre avec un dégradé rougeâtre. Ça sort bien sur la peau. Sur les cheveux, le résultat est moins heureux. Si le temps le permet, j’aimerais ajouter un frisson dans les arbres. J’ajouterai des textures, probablement avec After Effect.

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Klaus : Incandescent

Lorsqu’au début des années 2000, les studios Disney délaissent le dessin animé pour se tourner vers l’animation 3D, plusieurs annoncent la mort de l’animation traditionnelle. Après les succès de Pixar (Toy Story et Cie), le 3D s’accapare le territoire du cinéma d’animation américain. Le dessin animé est relégué à la télévision et aux productions médiocres. Encore aujourd’hui, quand je parle de mes études en dessin animé, on me regarde avec perplexité : « Tu fais de la 3D, non ? »

tiré de la bande annonce de Klaus

C’est donc en nageant à contre-courant que Sergio Pablos, animateur de renom, s’est lancé dans la réalisation d’un long métrage entièrement dessiné par des humains. Sergio Pablos ne cherchait pas à revenir à l’âge d’or de l’animation, mais à pousser le dessin animé au-delà des limites de l’animation 3D. Pour illustrer ce qu’il avait en tête et vendre le projet, il a réalisé la bande-annonce que voici en 2015. Depuis, tout le milieu de l’animation attendait avec fébrilité la sortie du film. C’est finalement grâce à Netflix que le projet s’est concrétisé, juste à temps pour les Fêtes 2019… Et les attentes n’ont pas été déçues.

Prouesse technique et chef d’œuvre de direction artistique, Klaus est un film européen taillé pour les marchés américains. Original, maîtrisé et visuellement magnifique. Faites-vous plaisir, allez voir Klaus!

Le fjord

Petit à petit, je m’améliore avec les couleurs. En imitant timidement des artistes comme Pascal Campion, j’apprivoise le rendu de la lumière. J’avais fait ce dessin pour le cours Conception de lieux et d’accessoires, sur papier au Col-erase bleu. Le voici, plusieurs mois plus tard, en couleur grâce à Photoshop.
Le fjord
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